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Illustration: Comment courir par forte chaleur sans m'effondrer ?

6 min de lecture, avec Coach Finn

Comment courir par forte chaleur sans m'effondrer ?

Disons-le tout de suite : si courir par forte chaleur te semble brutalement difficile, tu n'es ni cassé, ni faible, et tu ne t'y prends pas mal. La chaleur rend tout plus dur. Ton corps doit se refroidir ET te faire avancer en même temps, alors la même petite sortie tranquille que tu avalais au printemps peut donner l'impression d'avancer dans la mélasse en juillet. C'est normal. Une fois que tu comprends ce qui se passe, tu peux composer avec la chaleur au lieu de lutter contre elle.

Pourquoi la chaleur rend la course tellement plus dure

Quand il fait chaud, ton corps envoie plus de sang vers ta peau pour évacuer la chaleur. Il en reste donc un peu moins pour tes muscles qui travaillent dur, et ton cœur bat plus vite pour suivre le rythme. Résultat : ta fréquence cardiaque grimpe plus haut et ton allure ralentit, même si tu fournis le même effort (voire plus).

C'est le changement d'état d'esprit le plus important pour courir par forte chaleur. Ta montre ne te dit pas que tu es devenu plus lent ou moins en forme du jour au lendemain. Elle te dit que ton corps fournit un travail supplémentaire pour te protéger. C'est une fonctionnalité, pas un défaut.

Ralentis VRAIMENT et cours à la sensation

Voici ta nouvelle règle pour les jours de chaleur : oublie ton allure, cours à la sensation.

Par temps frais, tu vises peut-être un certain chiffre sur ta montre. Par forte chaleur, jette ce chiffre aux oubliettes. Cours plutôt à un effort où tu pourrais encore tenir une courte conversation. Si tu n'arrives pas à sortir quelques mots, c'est que tu forces trop pour les conditions. Ralentir, ce n'est pas abandonner. C'est intelligent, et c'est exactement ce que font aussi les coureurs expérimentés.

Si courir sans s'arrêter te paraît trop, mise sur les pauses de marche. C'est un outil légitime et puissant, pas un lot de consolation. Si mélanger les deux est nouveau pour toi, mon guide pour te mettre en douceur à la course avec l'alternance course-marche te donnera un ratio qui fonctionne.

Choisis le bon moment : tôt ou tard

Le soleil est ta plus grande source de chaleur, alors la victoire la plus simple, c'est de l'éviter. Cours tôt le matin avant que la journée ne chauffe, ou plus tard le soir une fois le soleil descendu. La mi-journée, grosso modo de la fin de matinée au milieu de l'après-midi, est en général la tranche la plus chaude et la plus rude. Si c'est ton seul créneau, raccourcis la sortie, ralentis et reste à l'ombre.

Courir le matin a un bonus : des températures plus fraîches, des rues plus calmes et un démarrage serein pour ta journée. Beaucoup de débutants découvrent que ça devient leur moment préféré de l'entraînement.

Hydrate-toi avant, pendant et après

Une bonne hydratation commence avant de lacer tes chaussures. Bois de l'eau dans l'heure ou les deux heures avant de partir pour démarrer déjà bien rempli. Pour la plupart des sorties tranquilles de moins d'une heure, de l'eau simple pendant et après suffit largement.

Quand les sorties s'allongent ou que la sueur dégouline, tu perds aussi des électrolytes (les minéraux qui aident tes muscles et tes nerfs à fonctionner). Les remplacer par une boisson ou une pastille d'électrolytes peut t'aider à te sentir plus stable et à éviter les crampes. À ce propos, si tes jambes se bloquent d'un coup, tu voudras peut-être lire pourquoi tes mollets crampent quand tu débutes la course, car la chaleur et un manque d'électrolytes peuvent tous deux jouer un rôle.

Après ta sortie, continue de boire par petites gorgées jusqu'à ce que tes urines redeviennent claires. Bien régler ton hydratation maintenant paie aussi le jour de la course, et tu peux en lire davantage dans mon guide sur comment t'alimenter et t'hydrater pour un triathlon sprint.

Habille-toi pour la chaleur

Ce que tu portes change vraiment la sensation de chaleur que tu ressens. Opte pour :

  • Des tissus légers et respirants qui évacuent la sueur au lieu de la retenir.
  • Des couleurs claires, qui réfléchissent le soleil plutôt que de l'absorber.
  • Une coupe ample qui laisse l'air circuler sur ta peau.
  • Une casquette ou une visière respirante pour protéger ton visage du soleil, plus des lunettes de soleil et de la crème solaire.

Laisse de côté le coton épais et tout ce qui est foncé et serré. Ton objectif est d'aider ton corps à se refroidir, pas d'enfermer la chaleur.

Choisis des parcours malins

L'endroit où tu cours compte autant que le moment. Les jours de chaleur, planifie des parcours qui jouent en ta faveur :

  • Cherche l'ombre : les rues bordées d'arbres, les parcs et les sentiers restent nettement plus frais.
  • Cours en boucles près de chez toi, d'un parc ou de ta voiture pour ne jamais être loin d'un point d'eau, de toilettes ou d'un endroit frais pour faire une pause.
  • Choisis des chemins proches de fontaines à eau pour pouvoir remplir ta gourde et t'asperger.

Une courte boucle que tu peux quitter à tout moment vaut mieux qu'un long aller-retour qui te laisse échoué en plein soleil. Il n'y a aucune médaille à serrer les dents.

Sécurité : reconnais les signes d'alerte

Je suis ton coach, pas ton médecin, alors laisse-moi prendre mon air sérieux le temps d'une courte section. Le coup de chaleur, c'est du sérieux, et la bonne nouvelle, c'est que ton corps t'avertit avant que les choses ne dégénèrent. Apprends à repérer ces signaux.

Arrête ta sortie, rafraîchis-toi et bois si tu ressens :

  • Des vertiges ou des étourdissements
  • Des nausées
  • Un mal de tête lancinant ou qui s'aggrave
  • Un coup de froid soudain, une peau moite ou des frissons
  • La chair de poule, ou tu arrêtes de transpirer alors qu'il fait chaud

Si tu remarques de la confusion, que tu arrêtes complètement de transpirer ou que quelqu'un semble désorienté, traite ça comme une urgence. Mets-toi à l'ombre ou dans un endroit climatisé, refroidis-toi en mettant de l'eau sur la peau et cherche de l'aide immédiatement. En cas de doute, il est toujours bon d'appeler les secours.

Encore une chose, et ne la saute pas s'il te plaît : si tu as un problème cardiaque, ou si tu prends un médicament (certains modifient ta façon de gérer la chaleur et l'hydratation), parles-en à ton médecin avant de t'entraîner dur par forte chaleur. Une conversation de deux minutes en vaut la peine.

Tu vas y arriver

Courir par forte chaleur est une compétence, et comme toute compétence, elle devient plus facile avec la pratique. Ralentis, choisis bien ton moment, hydrate-toi, habille-toi léger et écoute ton corps. Certains jours tu te sentiras en pleine forme, d'autres tu écourteras, et les deux sont parfaitement bien. Sois patient avec toi-même pendant que ton corps s'adapte au fil de la saison, car il s'adaptera.

Tu fais quelque chose de vraiment difficile et de vraiment bon pour toi, et je ne pourrais pas être plus fier d'être à tes côtés. Pour plus de conseils accessibles aux débutants sur la course, la natation, le vélo et toute ton aventure triathlon, viens nous retrouver sur couchtotri.com. On se voit là-bas, tôt et à l'ombre. Tu vas y arriver.

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