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Illustration: Puis-je m'arrêter ou abandonner en pleine course ? Ce qui se passe vraiment

6 min de lecture, avec Coach Finn

Puis-je m'arrêter ou abandonner en pleine course ? Ce qui se passe vraiment

Laisse-moi deviner. Quelque part au fond de ton esprit, une petite voix ne cesse de demander : "Et si je me lance et que je n'y arrive tout simplement pas ? Suis-je coincé ? Est-ce que tout le monde va me dévisager ?" Cette peur, je l'entends chez presque chaque débutant que j'accompagne, et je veux la faire taire dès maintenant. Tu n'es jamais coincé. Tu peux t'arrêter ou te retirer d'un triathlon à tout moment, pour n'importe quelle raison, et la Terre continue de tourner. Laisse-moi t'expliquer exactement comment ça marche.

Oui, tu peux t'arrêter à tout moment

D'abord, la simple vérité : personne ne va te forcer à continuer. Un triathlon n'est pas une cage. De la seconde où le coup de départ retentit jusqu'à l'instant qui précède la ligne d'arrivée, tu as le droit de dire "J'ai terminé pour aujourd'hui", et c'est tout à fait ton droit.

Quand quelqu'un décide de s'arrêter et de ne pas finir, on appelle ça un DNF, qui veut dire "did not finish", autrement dit n'a pas terminé, un abandon. Ces trois lettres ont l'air dramatiques, mais dans ce sport elles ne sont qu'un fait discret et tout à fait ordinaire. Elles apparaissent à côté du nom de purs débutants comme à côté du nom de champions du monde Ironman, dans la même course. Cela arrive à tout le monde un jour, et personne qui connaît ce sport ne te juge pour autant.

Ce qui se passe vraiment quand tu te retires

Voici la partie qui surprend les gens : la démarche est douce et simple. Tu n'as pas à faire une scène ni à te justifier devant une foule.

Si tu décides de t'arrêter, tu trouves l'officiel de course ou le bénévole le plus proche. Ils sont partout le long du parcours, en maillots vifs, à vélo, en kayak, à chaque zone de transition et chaque ravitaillement. Tu leur dis que tu te retires. C'est tout. Tu remets ta puce de chronométrage (le petit bracelet à ta cheville qui te suit), et ils s'occupent du reste.

Pourquoi la puce ? Parce que c'est grâce à cette puce que la course sait où se trouve chaque athlète. La remettre leur indique que tu es en sécurité et hors du parcours, pour qu'ils ne partent pas à ta recherche. Le bénévole t'aidera à regagner la zone de transition ou le village d'arrivée, souvent avec un trajet sympathique. Aucun sermon. Aucune pénalité. Aucune paperasse de la honte. La plupart du temps, ils te diront qu'ils sont fiers de toi d'avoir tout simplement été là, parce qu'ils le pensent vraiment.

Tu peux te reposer sans abandonner

Et voici le secret qui change tout pour les débutants nerveux : s'arrêter pour abandonner et faire une pause pour se reposer sont deux choses complètement différentes. Tu as le droit de te reposer autant que tu en as besoin et de finir quand même.

À la natation, tu peux t'arrêter et faire du surplace (battre des jambes) à tout moment. Tu peux te retourner sur le dos et flotter. Tu peux même t'accrocher à un kayak ou à une bouée le temps de quelques respirations pour reprendre tes esprits, tant que tu ne t'en sers pas pour avancer. Les maîtres-nageurs s'y attendent. C'est normal et autorisé.

À vélo, tu peux pédaler tranquillement, te laisser rouler, ou te ranger sur le côté en toute sécurité et t'arrêter complètement. Bois un coup, secoue tes jambes, respire, puis repars dès que tu te sens prêt.

À la course à pied, tu peux marcher. Tu peux flâner. Tu peux rester immobile. Marcher n'est pas tricher, et ça n'efface pas ta journée. En réalité, il est tout à fait possible de marcher des portions de la course à pied, et bon nombre de finisseurs en marchent une bonne partie. Une pause n'est pas un abandon. Ce n'est qu'une respiration avant le pas suivant.

Le volet sécurité : quand s'arrêter est le choix courageux

Je veux être très clair sur une chose. Si jamais tu te sens vraiment mal, pris de vertiges, la poitrine serrée, près de t'évanouir, ou que quelque chose t'effraie, t'arrêter n'est pas une faiblesse. C'est le choix fort, intelligent et responsable, et je te soutiendrai toujours quand tu le feras.

Dans l'eau, cela compte par-dessus tout. Si tu as besoin d'aide, ne sois pas timide. Retourne-toi sur le dos, lève un bras bien droit vers le haut, et agite-le. C'est le signal universel, et un kayak de sécurité ou un maître-nageur viendra droit vers toi. Ils sont postés tout le long du parcours de natation précisément pour cette raison. Tu peux te reposer sur le kayak, reprendre ton souffle, et décider si tu veux continuer ou rentrer. Les deux choix sont très bien.

Sur la terre ferme, fais signe à un bénévole ou à un secouriste si quelque chose ne va pas. Ne passe jamais outre un signal d'alerte de ton corps juste pour éviter un DNF. Aucune ligne d'arrivée ne vaut ça, et tout entraîneur digne de ce nom te dira la même chose. S'écouter soi-même est une compétence, pas un échec.

Savoir que tu peux t'arrêter te rend plus fort

Voici le beau retournement que j'ai vu se produire des centaines de fois. Les athlètes qui comprennent vraiment qu'ils ont le droit de s'arrêter sont en général ceux qui n'en ont pas besoin. Quand le sentiment d'être coincé disparaît, la panique disparaît avec lui. Tu cesses de crisper tout au long de la course et tu te mets à respirer. Tu t'autorises à ralentir, et c'est souvent précisément cette permission qui te porte jusqu'à l'arrivée.

Une grande part de la peur d'avant-course est en réalité la peur d'être coincé. Une fois que tu sais que la porte de sortie est toujours ouverte et déverrouillée, le parcours te paraît bien plus accueillant. Si ces nerfs te taraudent en ce moment, cela vaut la peine de passer un peu de temps à apaiser ton trac d'avant-course, parce qu'un esprit calme se repose quand il le faut et continue quand il le peut.

Un DNF n'est pas un échec. C'est une information.

Si ta journée se termine plus tôt malgré tout, écoute-moi bien : ce n'est pas la fin de ton histoire. Un DNF n'est pas un verdict sur qui tu es. C'est simplement une information. Peut-être que la natation demande plus d'entraînement. Peut-être que ta nutrition n'allait pas. Peut-être que ce n'était tout simplement pas ton jour, et ça aussi c'est permis. Tu prends ce que tu as appris, et tu te remets sur la ligne de départ, parce que tu le feras, c'est certain.

Et au fait, cette peur de finir bon dernier en rampant ? Elle est presque toujours plus grande dans ta tête que dans la réalité. Voici pourquoi tu ne finiras pas dernier en vrai.

Ta place est là-bas, exactement tel que tu es aujourd'hui. Tu as le droit de partir, le droit de te reposer et le droit de t'arrêter, et chacun de ces choix n'appartient qu'à toi. Le savoir, c'est une forme de liberté, et la liberté est une merveilleuse compagne de course. Dès que tu es prêt pour la prochaine étape, nous serons juste là pour t'encourager, sur couchtotri.com. Maintenant, savoure ça, tu es capable.

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