
6 min de lecture, avec Coach Finn
Comment boire à un bidon sans tomber
Disons-le tout de suite : si l'idée de lâcher ton guidon pour attraper un bidon te noue l'estomac, tu n'es pas ridicule. Tu es raisonnable. Diriger un vélo d'une seule main en avançant est une vraie compétence, et tendre la main vers un bidon ajoute un petit déséquilibre au tableau. La peur est sincère. Nous allons la respecter, puis nous allons la rendre toute petite.
À la fin, tu sauras comment attraper un bidon, y boire une gorgée et le remettre en place pendant que tu roules. Et tu sauras reconnaître les moments où le bon choix est tout simplement de ne pas encore le faire. Les deux comptent comme une réussite.
Pourquoi se donner la peine de boire à vélo
La partie vélo d'un triathlon est la plus longue période où tu es en mouvement, et elle se situe pile au milieu de ta journée. Si tu attaques la course à pied déshydraté, tu le sentiras dans tes jambes, ton estomac et ton humeur. Boire régulièrement à vélo, c'est comme ça que tu protèges le reste de ta course.
Voici la chose rassurante : l'hydratation, ce n'est pas une gorgée héroïque. Ce sont de petites gorgées régulières. Cela veut dire que tu n'as pas besoin d'être un cycliste capable de rouler sans les mains avec aisance. Tu dois juste apprendre à prendre le bidon, à boire un peu et à le remettre. C'est tout le travail.
Où vit ton bidon
La plupart des vélos ont un ou deux porte-bidons, ces petits supports en plastique ou en métal vissés sur le cadre, à l'intérieur du triangle principal du cadre. Ton bidon glisse dans le porte-bidon et y reste bien calé jusqu'à ce que tu le sortes. Si ton vélo n'a pas encore de porte-bidon, ils sont bon marché et faciles à ajouter, et tu peux en lire plus sur le matériel dont tu as vraiment besoin pour ton premier triathlon pour éviter d'acheter trop.
Passe une minute à la maison, vélo à l'arrêt, à simplement sortir le bidon et à le remettre. Remarque l'angle. Remarque la force qu'il faut pour tirer. Moins ta main doit le chercher pendant que tu roules, plus tu seras en sécurité.
Entraîne-toi là où c'est ennuyeux et sûr
N'apprends pas ça dans la circulation. S'il te plaît. Les meilleurs endroits pour t'entraîner sont une route calme et plate sans voitures, un parking vide ou un home-trainer sur lequel ton vélo ne va nulle part du tout. Le home-trainer est honnêtement la référence absolue, car tu peux répéter tout le mouvement attraper-boire-remettre sans aucun risque d'équilibre.
Porte ton casque à chaque fois, même sur le parking, même sur le home-trainer si ça aide à ancrer l'habitude. Si tu travailles encore à te sentir stable en selle de façon générale, ça vaut le coup de passer un peu de temps à te remettre à l'aise sur un vélo avant d'ajouter le bidon par-dessus.
Étape par étape
Quand tu es sur une portion calme et plate, la route dégagée devant toi, voici la séquence :
- Regarde d'abord devant toi. Choisis un bout de route bien lisse, environ trois à six mètres devant toi, et garde les yeux là. Tu diriges là où tu regardes, donc c'est le fait de baisser les yeux vers le bidon qui provoque le déséquilibre, pas le geste d'attraper.
- Déplace une main vers le centre de ton guidon, près de la potence. Une main près du milieu garde ta direction calme et stable.
- Descends ton autre main et tire le bidon droit vers le haut hors du porte-bidon. Continue de pédaler en souplesse tout du long. Rouler en roue libre te rend moins stable, pas plus.
- Amène le bidon jusqu'à ta bouche. Ne baisse pas la tête vers le bidon. Tes yeux restent en haut, c'est le bidon qui vient à toi.
- Prends une gorgée. Une ou deux gorgées suffisent largement. Ce n'est pas le moment de boire longuement.
- Redescends le bidon vers le porte-bidon et fais-le glisser fermement vers le bas jusqu'à ce qu'il soit bien en place. Donne-lui une petite pression pour t'en assurer.
- Remets les deux mains sur le guidon et respire un coup. Tu l'as fait.
Les premières fois, chaque étape te semblera énorme. Après une semaine de courte pratique, le tout devient un seul mouvement fluide auquel tu ne penses presque plus.
Quand NE PAS boire
C'est la partie qui te garde debout, alors je veux qu'elle soit limpide. Ne tends pas la main vers ton bidon quand :
- Tu descends. Les descentes demandent les deux mains et toute ton attention. Si les côtes te nouent aussi l'estomac, tu es en bonne compagnie, et apaiser la peur de descendre peut aider.
- Tu es dans un virage ou tu tournes.
- Il y a de la circulation, d'autres cyclistes tout près, ou quoi que ce soit à quoi tu dois réagir.
- La route est abîmée, cabossée, ou pleine de gravier et de fissures.
La règle est simple : ne bois que lorsque la route est lisse, droite, plate et dégagée. S'il manque ne serait-ce qu'une de ces quatre choses, attends. Le bidon ne va pas s'envoler.
C'est toujours permis de ralentir ou de s'arrêter
Voici l'autorisation que tu attends peut-être. Tu as le droit de ralentir franchement pour boire. Tu as le droit de pédaler tout doucement. Et tu as parfaitement le droit de te ranger sur le côté, de déclipser, de poser un pied et de boire à l'arrêt. Personne ne te retire de points. Sur un Sprint, un format olympique, un 70.3 ou même un Ironman, finir bien hydraté vaut mieux que finir vite et à plat.
Boire d'une main à allure soutenue est un confort, pas une obligation. Beaucoup de triathlètes heureux lèvent le pied pour boire pendant leur première saison, voire leurs trois premières. Tu prendras la version fluide naturellement à mesure que ton aisance grandit, et il n'y a pas de date limite.
Tu vas y arriver
Commence sur le home-trainer ou sur cette route calme et plate. Vas-y une gorgée à la fois. Autorise-toi à ralentir quand tu en as envie. La confiance que tu construis ici, les yeux en haut, les mains calmes, la respiration régulière, c'est exactement la même confiance qui te portera tout au long de ta toute première course.
Tu fais le vrai travail, et je suis fier de toi pour ça. Reviens sur couchtotri.com chaque fois que tu veux le prochain petit pas, tout en douceur. Je serai juste là, à t'encourager, un bidon à la fois.