CouchToTri
GuidesPricing
Tous les guides
Illustration: Comment arrêter d'avoir peur de descendre à vélo ?

7 min de lecture, avec Coach Finn

Comment arrêter d'avoir peur de descendre à vélo ?

Salut, c'est Coach Finn. Si ton estomac se noue chaque fois que la route plonge vers le bas, je veux que tu entendes ceci d'abord. Tu n'es pas une mauviette, et tu n'es pas mauvais à vélo. La descente est le seul moment à vélo où tu cèdes un peu de contrôle à la gravité, et ton cerveau le remarque. C'est une alarme saine et sensée. La bonne nouvelle, c'est que la descente est une compétence, pas un trait de caractère, et les compétences s'apprennent lentement et en douceur. Voyons cela ensemble.

Ta peur est normale, et elle est même intelligente

De la vitesse sans grande protection entre toi et le sol, c'est exactement le genre de chose qu'un cerveau prudent devrait respecter. Alors arrête, s'il te plaît, de te gronder d'être nerveux. Cette nervosité n'est pas une faiblesse. C'est ton corps qui réclame un plan.

Voici le changement de regard que je propose à chaque cycliste que je coache. Le but n'est pas de devenir intrépide. Les cyclistes intrépides tombent. Le but est de devenir calme et capable, pour que la peur se réduise à un léger murmure de concentration au lieu d'un cri. On y arrive en donnant à ton cerveau de quoi occuper ses mains et ses yeux, et c'est précisément à cela que servent les techniques ci-dessous.

Avant tout cela, deux points non négociables. Ton casque se met chaque fois, sans aucune exception. Et ton vélo doit être en bon état mécanique, ce qui veut surtout dire des freins qui mordent vraiment et des pneus qui tiennent l'air. Si tu n'es pas sûr que tes freins fonctionnent bien, fais-les vérifier dans un magasin de vélo avant de t'élancer dans une descente. Une descente confiante commence par un matériel auquel tu peux te fier. Si tu reviens au vélo après une longue pause, mon guide pour remonter sur un vélo pour le triathlon est un point de départ tout en douceur.

Les techniques du corps qui font le gros du travail

Rester en sécurité en descente, c'est surtout une question de posture. Commençons par le haut et descendons.

Détends ta prise et tes bras. Quand on a peur, on serre le guidon de toutes ses forces et on bloque les coudes tendus. C'est exactement le contraire de ce qui aide. Un cycliste raide et crispé se fait secouer par chaque bosse et ressent le moindre flottement comme une panique. Alors desserre. Imagine que tu tiens deux petits oiseaux, assez fermement pour qu'ils ne s'envolent pas, assez doucement pour ne pas leur faire mal. Plie un peu les coudes pour que tes bras absorbent les chocs comme des ressorts souples. En prime, une prise détendue aide aussi si tu as les mains et les pieds engourdis à vélo, ce qui est souvent un problème de crispation déguisé.

Regarde loin devant, là où tu veux aller. C'est le point essentiel. Ton vélo suit tes yeux, presque par magie. Si tu fixes le nid-de-poule ou la plaque de gravier qui te fait peur, tu vas foncer droit dessus. Alors lève les yeux et regarde plus loin sur la route, là où tu veux être dans quelques secondes. Vois la trajectoire que tu veux suivre, pas le danger que tu crains, et tes mains suivront sans bruit.

Garde ton poids vers l'arrière et bas. Recule légèrement les hanches et abaisse un peu ta poitrine vers le guidon. Cela te garde stable et fait disparaître la sensation de basculer vers l'avant par-dessus la roue avant. Bas et centré, c'est calme. Droit et raide, c'est instable.

Les freins sont tes amis, alors utilise-les avec douceur

Les freins ne sont pas l'ennemi. Le mauvais freinage l'est. Voici comment les rendre rassurants.

Dose les deux freins, tôt et en douceur. Doser, c'est presser légèrement et progressivement, comme si tu caressais un chat craintif, plutôt que de serrer fort d'un coup. Utilise les deux freins ensemble pour que le vélo ralentisse de façon régulière. La grosse erreur des cyclistes nerveux, c'est d'attendre la dernière seconde puis de serrer les leviers d'un coup sec, ce qui est saccadé et effrayant. Au contraire, commence à ralentir plus tôt que tu ne le penses nécessaire, avec une pression douce, et tu glisseras vers le bas à une vitesse que tu choisis.

Évite de freiner fort de l'avant. Ton frein avant concentre l'essentiel de ta puissance de freinage, ce qui est utile, mais si tu le tires seul d'un coup, surtout sur une pente raide ou un sol meuble, l'arrière du vélo peut se soulever ou la roue avant peut glisser. Appuie donc un peu plus sur ton frein arrière pour un contrôle régulier, et ajoute le frein avant avec douceur et progressivité. Ne tire jamais le levier avant d'un geste de panique. Pense pression, pas coup sec.

Freine avant le virage, pas dedans. Cette petite règle évite beaucoup de chutes. Fais tout ton ralentissement sur la partie droite de la route avant qu'un virage n'arrive. Descends à une vitesse confortable, puis relâche les freins et dirige-toi en douceur dans le virage. Freiner fort alors que tu es déjà penché dans un virage, c'est là que les pneus perdent leur adhérence. Ralentis tôt, tourne détendu.

Prendre les virages sans serrer les dents

Les virages semblent plus effrayants que les descentes en ligne droite parce qu'il s'y passe plus de choses, alors rendons-les simples.

En passant dans un virage, garde tes pédales à l'horizontale, ou pousse ton poids vers le bas à travers le pied extérieur, celui qui est du côté éloigné du virage. Mettre du poids sur cette pédale extérieure presse tes pneus dans la route et donne au vélo une sensation d'ancrage et d'assurance. Si ta pédale intérieure est en bas, elle peut accrocher le sol quand tu t'inclines, donc des pédales à l'horizontale ou un pied extérieur chargé, voilà la bonne habitude sûre.

Combine cela avec la technique des yeux vue plus haut. Regarde à travers le virage, là où la route se redresse, et non vers ta roue avant. Ralentis avant d'entrer, regarde là où tu veux sortir, charge le pied extérieur, et laisse le vélo te porter dans la courbe. Tu n'as pas besoin de forcer. Un vélo a vraiment envie de rouler dans un virage fluide.

Construis tout cela petit à petit, et marcher est toujours permis

Voici la partie qui me tient le plus à cœur. Tu n'as pas besoin d'être bon à ça dès demain. On construit la confiance par petites étapes ennuyeuses et réussies, et l'ennui, c'est exactement ce qu'on recherche.

Commence sur une pente douce, sur une route calme à faible circulation, ou sur un parking vide légèrement incliné. Entraîne-toi à descendre quelque chose de si peu marqué que c'est presque plat. Dose tes freins, détends tes bras, regarde devant toi, et ressens simplement ce qu'est une descente contrôlée quand rien ne fait peur. Refais cette petite côte dix fois si tu veux. Quand elle devient ennuyeuse, trouves-en une un peu plus raide, et recommence. Chaque réussite en douceur apprend à ton système nerveux que tu es en sécurité, et la peur baisse d'elle-même, tout doucement.

Et entends bien ceci. Si une descente te paraît un jour trop difficile, tu as le droit de ralentir au pas, de t'arrêter, de descendre et de pousser ton vélo jusqu'en bas. Il n'y a aucune honte à cela, vraiment aucune. Même les cyclistes chevronnés descendent à pied les pentes mouillées, raides ou encombrées. Marcher n'est pas échouer. Marcher, c'est un cycliste avisé qui choisit de rester en vie pour rouler un autre jour. La seule règle, c'est que tu arrives en bas en sécurité, peu importe comment.

Respire un grand coup. Tout va bien se passer pour toi. Chaque descendeur confiant que tu as admiré a commencé exactement comme toi, agrippé au guidon et le souffle coupé. Ils se sont simplement entraînés, une côte douce à la fois, et c'est ce que tu vas faire aussi. Si tu construis encore ton moteur en partant de zéro, mon guide le vélo en partant de zéro accompagne bien celui-ci. Sois patient et bienveillant avec toi-même, garde des côtes modestes pour commencer, et reviens trouver plein d'aide pour débutants quand tu veux sur couchtotri.com. Tu vas y arriver.

À découvrir