
6 min de lecture, avec Coach Finn
Pourquoi ai-je si faim les jours d'entraînement ?
Tu t'es mis à l'entraînement, et soudain tu pourrais vider toute la cuisine. Tu termines une séance de natation et tu penses déjà au déjeuner. Tu te couches affamé. Tu te réveilles affamé. Tu commences à te demander si quelque chose ne va pas chez toi.
Rien ne va mal chez toi. C'est l'un des sujets dont les nouveaux triathlètes me parlent le plus, et je veux te rassurer tout de suite : avoir faim quand on commence à s'entraîner, c'est normal, attendu et, honnêtement, bon signe. Ton corps fait exactement ce qu'il est censé faire. Laisse-moi t'expliquer pourquoi cela arrive et quoi faire.
Ton corps réclame plus parce qu'il a besoin de plus
Voici la version simple. Tu demandes à ton corps un nouveau travail : nager, pédaler, courir, parfois les trois dans la même semaine. Ce travail brûle de l'énergie. En plus, chaque fois que tu t'entraînes, tu crées de minuscules lésions musculaires (les bonnes), et ton corps doit réparer et reconstruire ce tissu. La réparation demande de la matière première, et cette matière première, c'est la nourriture.
Alors ton appétit augmente. Ce n'est pas un bug. C'est ton corps qui est intelligent et qui réclame le carburant et les éléments dont il a besoin pour devenir plus fort. Un appétit plus grand les jours d'entraînement, ou même le lendemain d'une séance difficile, c'est ton corps qui équilibre ses comptes.
La solution n'est pas de serrer les dents et d'ignorer la faim. La solution, c'est de la nourrir.
Parfois, la « faim » est en réalité autre chose
Avant de te jeter sur un en-cas, ça vaut le coup de faire un petit point honnête, car deux choses sournoises se déguisent souvent en faim.
La première, c'est la soif. L'entraînement te fait transpirer, et un corps légèrement déshydraté peut envoyer des signaux qui ressemblent beaucoup à la faim. Bois d'abord un grand verre d'eau et attends quelques minutes. Si la sensation s'estompe, c'était la soif.
La deuxième, c'est un apport insuffisant plus tôt dans la journée. Si tu as sauté le petit-déjeuner ou pris un déjeuner minuscule, cette sensation de « je meurs de faim » à 16h, c'est ton corps qui essaie de récupérer ce que tu lui dois. Tu n'as pas assez mangé plus tôt, alors maintenant la faim parle fort. C'est incroyablement courant chez les débutants qui mangent trop peu sans le vouloir, puis se demandent pourquoi ils sont affamés et un peu grognons le soir venu.
La vraie solution : mange assez de vrais aliments, répartis sur la journée
Traverser la faim en serrant les dents ne te rend pas plus coriace. En général, ça te rend juste fatigué, embrumé et plus susceptible de trop manger plus tard. Alors faisons l'inverse.
Vise à manger assez de vrais aliments sur l'ensemble de la journée, sans tout entasser dans un seul gros repas. Une bonne assiette pour un débutant réunit tous les habitués qui travaillent ensemble :
- Protéines (œufs, poulet, poisson, haricots, yaourt, tofu) pour réparer les muscles.
- Glucides (flocons d'avoine, riz, pommes de terre, fruits, pain) pour refaire le plein de l'énergie dépensée.
- Bonnes graisses (huile d'olive, noix, avocat) pour te garder rassasié et satisfait.
- Fibres (légumes, céréales complètes, haricots) pour compléter le tout et stabiliser ton appétit.
Tu n'as besoin de rien de sophistiqué ni de coûteux. De vrais aliments dans l'assiette font l'essentiel du travail, et c'est exactement le point que je développe dans gels ou vrais aliments pour les débutants. Garde les produits techniques pour les moments où tu en as vraiment besoin, et laisse les repas de tous les jours porter la charge le reste du temps.
Refais le plein après l'entraînement
La fenêtre juste après une séance est un excellent moment pour manger. Tes muscles sont prêts à absorber du carburant, et un en-cas avec à la fois des glucides et des protéines t'aide à récupérer pour que la séance suivante se passe mieux. Pas besoin que ce soit compliqué : un lait chocolaté, une banane avec du beurre de cacahuète, un yaourt aux fruits, ou simplement ton prochain repas habituel s'il est proche.
Se nourrir avant et pendant les séances compte aussi, surtout à mesure que tes entraînements s'allongent. Si tu prépares ta première course, ça vaut le coup d'apprendre comment s'alimenter pour un triathlon sprint et quoi manger le matin d'un triathlon pour que le jour de la course ne ressemble pas à un jeu de devinettes. Les bonnes habitudes prises à l'entraînement se reportent directement sur le jour J.
Ton appétit risque d'être un peu partout au début
Voici une chose qui surprend beaucoup de gens. Quand tu commences à t'entraîner, ta faim peut faire des choses étranges. Certains jours, tu es un puits sans fond. D'autres, surtout juste après une séance difficile, tu n'as pas faim du tout, alors que tu as clairement beaucoup brûlé. Les deux sont normaux.
Un effort intense peut temporairement couper l'appétit pendant une heure ou deux, puis il revient en force plus tard. Tes signaux de faim se recalibrent à ton nouveau niveau d'activité, et cela prend quelques semaines. Donc si ton appétit te paraît imprévisible en ce moment, laisse-lui du temps. Il a tendance à trouver un rythme plus régulier à mesure que ton corps s'habitue à la routine.
Si perdre du poids est un objectif, tu peux quand même manger assez pour t'entraîner
Beaucoup de débutants viennent au triathlon en espérant perdre un peu de poids, et c'est un objectif tout à fait valable. Mais s'il te plaît, écoute bien ceci : n'essaie pas de faire un régime express et de t'entraîner dur en même temps. Cette combinaison te laisse sous-alimenté, épuisé, sujet aux blessures et, franchement, misérable, et le plus souvent ça se retourne contre toi.
Tu peux tout à fait manger assez pour soutenir ton entraînement et progresser malgré tout vers un poids plus sain avec le temps. Nourris le travail, récupère bien et laisse la régularité faire son office. C'est la persévérance tranquille qui l'emporte ici, exactement comme dans le sport lui-même.
Une petite note honnête
Un petit point. Si ton appétit change radicalement et sans raison, ou s'il s'accompagne d'autres symptômes qui t'inquiètent (vertiges, vraie fatigue, tout ce qui te semble anormal), ça vaut le coup d'en parler à ton médecin ou à un diététicien diplômé. Je suis ton coach, pas ton médecin, et les questions personnelles sont mieux gérées par quelqu'un qui peut vraiment examiner l'ensemble de ta santé.
Dernière chose : s'il te plaît, ne culpabilise pas
Tu n'es pas glouton. Tu n'es pas « nul à ça ». Tu es un athlète à l'entraînement, et les athlètes ont faim. Avoir faim les jours d'entraînement, c'est ton corps qui fait son travail, alors nourris-le avec bienveillance et sans culpabilité.
Tu fais quelque chose de vraiment difficile et de vraiment bon pour toi, et je ne pourrais pas être plus fier d'être à tes côtés. Continue de te présenter, continue de manger de vrais aliments, et viens chercher d'autres conseils adaptés aux débutants quand tu veux sur couchtotri.com. Tu vas y arriver.