
6 min de lecture, avec Coach Finn
Comment arrêter d'avaler l'eau de la piscine à chaque longueur ?
Si tu termines chaque longueur en toussant, en crachotant et en te demandant comment diable tu as encore avalé la moitié de la piscine, je veux d'abord que tu saches une chose. Tu n'es pas mauvais à ça. Presque tous les débutants que j'entraîne passent par exactement cette étape. La bonne nouvelle, c'est qu'avaler de l'eau n'est pas le signe que tu ne sais pas nager. C'est en général le signe d'une petite habitude de timing, et les habitudes de timing se corrigent très bien. Laisse-moi t'expliquer pourquoi ça arrive et comment y mettre fin.
Pourquoi tu prends sans cesse une gorgée
Avaler ou inhaler de l'eau n'arrive presque jamais parce que tu fais quelque chose de profondément faux. Ça arrive parce que quelques petites choses s'accumulent.
Le coupable le plus fréquent, c'est de respirer trop tard. Tu te tournes pour prendre de l'air à la toute dernière seconde, quand tes poumons sont déjà vides et un peu paniqués, alors tu happes l'air vite et fort, et ce happement aspire tout ce qui se trouve près de ta bouche, y compris l'eau.
Le deuxième coupable, c'est de lever la tête au lieu de faire pivoter ton corps. Quand tu tends la tête vers le haut et vers l'avant pour trouver de l'air, ta bouche remonte, mais l'eau devant toi s'amasse juste au niveau de tes lèvres, alors tu respires directement dedans.
Le troisième, c'est de retenir ta respiration sous l'eau au lieu d'expirer. Si tu stockes tout ton air et qu'ensuite tu essaies à la fois d'expirer et d'inspirer dans la minuscule fenêtre où ta bouche dégage la surface, il n'y a tout simplement pas assez de temps. Tu finis par inspirer avant d'avoir fini de souffler, et l'eau vient avec.
Et le quatrième, c'est tout bonnement la panique. Une fois que tu t'es étouffé une fois, ton corps se crispe et précipite la respiration suivante, ce qui rend la prochaine gorgée plus probable. Ça devient une boucle. Nous allons briser cette boucle.
La seule solution qui change tout : expirer sous l'eau
Si tu ne retiens rien d'autre de cet article, retiens ceci. Tu ne devrais jamais inspirer qu'à la surface. L'expiration se fait sous l'eau, pendant tout le temps où ton visage est tourné vers le bas.
Voici pourquoi c'est si important. Si tes poumons sont déjà vides quand ta bouche atteint l'air, ton seul travail est une inspiration rapide et nette. Il n'y a pas de course effrénée pour souffler puis aspirer, comprimée dans une demi-seconde. C'est cette course-là qui aspire l'eau.
Alors entraîne-toi à ça dans une eau où tu as pied. Tiens-toi au mur, prends une inspiration et plonge ton visage. Maintenant, fredonne ou souffle un flot lent et régulier de bulles par le nez et la bouche pendant tout le temps où ton visage est sous l'eau. Ne le retiens pas. Ne le garde pas. Juste un filet de bulles calme et continu. Quand tu te tournes sur le côté pour respirer, tes poumons sont déjà vides et prêts, alors tu te contentes d'inspirer. Essaie d'en faire dix au mur avant même de pousser. Ce seul changement règle le problème d'avaler de l'eau pour la plupart des débutants avec qui je travaille, et on approfondit tout le schéma respiratoire dans comment respirer en crawl.
Pivoter, pas lever : trouver le creux
Passons maintenant à la tête. L'instinct de soulever ton visage hors de l'eau est tout à fait naturel et tout à fait à l'envers. Lever fait descendre tes hanches, te ralentit et amène ta bouche pile dans l'eau agitée que tu viens de pousser vers l'avant.
Au lieu de ça, tu veux pivoter. Imagine ton corps qui tourne sur une broche allant de ta tête à tes orteils. Quand tu roules sur le côté pour respirer, ta tête roule avec ton corps, et ta bouche se tourne sur le côté plutôt que de se tendre vers le haut. Tu n'essaies pas de monter haut au-dessus de l'eau. Tu te tournes pour trouver la petite poche d'air calme à côté de toi.
Cette poche a un nom. À mesure que tu avances, ta tête pousse une petite vague d'étrave, et juste derrière ta tête l'eau plonge pour former un petit creux. Ta bouche se loge naturellement dans ce creux quand tu pivotes. Tu n'as presque pas besoin de dégager la surface, parce que le niveau de l'eau juste là est plus bas. Une joue reste dans l'eau, tu voles la respiration dans le creux, et tu reviens te remettre à plat. Pas de tête tendue, pas d'étirement, pas d'eau qui s'amasse à tes lèvres.
Ralentis et règle le timing de la respiration
La vitesse n'est pas encore ton amie, et ce n'est pas grave. Quand les débutants se précipitent, chaque partie du mouvement se comprime, y compris la respiration, et une respiration comprimée est une respiration qui fait avaler de l'eau.
Alors ralentis tout. Offre-toi un long étirement nonchalant vers l'avant avec ton bras directeur avant de te tourner pour respirer. Commence la rotation de la tête un poil plus tôt que ça ne semble nécessaire, pour que ta bouche atteigne l'air avec de la marge plutôt qu'au dernier moment désespéré. Inspire calmement, puis remets ton visage face vers le bas et recommence aussitôt tes bulles lentes. Mouvement lent, rotation précoce, inspiration calme, expiration régulière. C'est ce rythme qui garde l'eau dehors. Si tu te rends compte que tu n'arrives à faire qu'une longueur avant que tout s'écroule et que tu sois à bout de souffle, c'est un obstacle courant à part entière, et j'en ai parlé dans pourquoi tu es à bout de souffle après 25 mètres.
Quand tu prends quand même une gorgée
Tu prendras encore une gorgée de temps en temps, et je veux être très clair là-dessus. C'est sans danger et c'est normal. Un peu d'eau de piscine n'a jamais fait de mal à personne, et tousser, c'est juste ton corps qui fait son travail.
Voici donc le plan pour quand ça arrive. Arrête-toi. N'essaie pas de forcer le passage au milieu du mouvement. Si tu peux toucher le fond, mets-toi debout. Si tu es dans une eau plus profonde, roule sur le dos et fais la planche, ou tiens-toi au mur ou à la ligne d'eau. Remets tes pieds sous toi, tousse pour évacuer, prends quelques respirations tranquilles et laisse ton rythme cardiaque se calmer. Il n'y a pas de médaille pour ne pas s'arrêter. Se reposer fait partie de l'entraînement, ce n'est pas un échec.
Une fois que tu te sens à nouveau calme, remets-toi en place et pousse. La pire chose que tu puisses faire, c'est paniquer et repartir tout de suite alors que tu es encore désorienté, parce qu'une respiration désorientée invite la prochaine gorgée. D'abord le calme, ensuite la nage.
C'est exactement le genre de peur dont on parle en douceur dans la natation et la peur, et elle s'efface plus vite que tu ne le croirais une fois que la respiration se met en place.
Tu es plus près que tu ne le penses. Expire sous l'eau, pivote au lieu de lever, ralentis tout, et repose-toi chaque fois que tu en as besoin. Fais ces quatre choses et les crachotements disparaissent tout doucement. On continuera à franchir ensemble chaque petit obstacle, une longueur tranquille à la fois, ici sur couchtotri.com.